Comment choisir un verre à whisky

    Existe t-il un verre de whisky « officiel » ?

    « Non, crois-moi ! Un vrai verre à whisky, ça a cette forme. »
    Voilà une phrase qui revient encore et toujours dans les conversations, lors du digestif, lors d’une dégustation, lors d’un atelier découverte ou encore sur les forums. Et chacun aura souvent une idée bien tranchée sur le sujet, évidemment à l’opposé de l’autre intervenant qui vous semblait tout aussi pertinent.

    Difficile donc en général, de s’y retrouver entre avis de connaisseurs – parfois auto-proclamés – et les sélections et offres spéciales sans fin de sites web, sans parler du commerçant soucieux de placer un produit peut-être exagérément stylisé ?
    Une recherche en ligne offrira là aussi, trois fois plus de publicités sans aucun scrupule d’exactitude que de résultats et ne vous guidera pas vraiment sur le bon chemin, alors coupons court.

    Voici donc ce qui va le mieux au whisky… (Et pourquoi ! Sinon, je ne suis guère qu’un fumiste comme les autres)

    L’idéal ? Un verre tulipe, à pied et transparent.

    Le nosing glass gradué, le glencairn et le copita sont les meilleurs verres à whisky que vous pourrez utiliser.
    Les autres types de verre (Verres de designers, verres en cristal, le « véritable » verre de telle ou telle marque, etc…) offriront peut-être un attrait supplémentaire, mais vous avez déjà l’essentiel avec l’un de ces trois verres.
    Pas besoin de chercher mieux, votre whisky sera à son avantage en vous attendant.

    Ce ne sont pas des verres hors de prix, ils sont on ne peut plus faciles à trouver – et même pas difficiles à ranger.

    Quant au service offert par Tante Cécile pour votre anniversaire, qui voulait pourtant vous faire plaisir, que vous ne pouvez décemment pas jeter du coup ,mais … qui tombe aux antipodes de ce que l’on va voir ci-dessous ? Il sera toujours temps de l’offrir à ce fameux expert qui souhaitait vous convaincre à tort, mais ne jurait que par les même verres que Tata.

    Maintenant, détaillons un peu cette assertion après tout aussi tranchée que les autres. Explications.

    Se débarrasser de l’idée reçue – Le « tumbler »

    Vous avez vu des milliers de fois ce verre de forme large et cylindrique, trapu et lourd, duquel vont s’échapper tous les arômes – Et ils ont raison, sachant que votre nez ne les appréciera pas puisque vous buvez dans un pot de moutarde après tout.

    D’où vient alors cette idée reçue que c’est un verre à whisky ?
    Du septième art, comme souvent. Et de façon biaisée. Comme souvent.
    Ce verre est destiné à recevoir les whiskys-soda par exemple, dans lesquels plongeront des glaçons tout à fait déconseillée pour l’écrasante majorité des whiskys. Mais il s’avère que cette image est maintenant tellement ancrée dans l’imaginaire collectif que l’erreur est continuellement répétée, afin de ne pas perturber le téléspectateur.

    Bon, entre vous et moi, vous trouveriez ça classe aujourd’hui un whisky dans un verre à pied, posé négligemment sur un piano à queue ? La réponse est non, même si ça fait mal au cœur.
    Ah ! Ces yankees …

    Alors quelle forme est la bonne ?

    La forme du verre à rechercher

    Il est ici question de nez.
    Le verre « tulipe », légèrement refermé en sortie pour concentrer idéalement les arômes, est ce que vous trouverez de plus utile et de mieux pensé.
    Ce Verre est d’ailleurs unanimement utilisé lors de visite en distillerie où une dégustation est possible, on parlera au fur et à mesure des critères qui dictent une dégustation.

    Si les verres à vins sont acceptables, un arrondi harmonieux de la partie basse de la tulipe permettra en sus, de ne perdre aucune goutte.
    Ainsi que de mettre les arômes en couches en inclinant le verre quasiment à l’horizontale, de la plus lourde vers la plus aérienne, sans pour autant que vous ne renversiez votre nectar à terre alors que vous fermez les yeux pour laisser les senteurs vous surprendre …

    Et si l’on parle de verre à vin, ce n’est pas pour rien … Voici pourquoi.

    Pourquoi un verre à pied ?

    Pour ne pas chauffer le whisky, pardi. Encore une hérésie que de faire tournoyer voluptueusement le whisky au creux de sa main en coupe.
    Contrairement à d’autres spiritueux qui gagnent à se réchauffer dans le creux de la main, un whisky se boit en effet à température ambiante : Entre 18° et 22° (Celsius évidemment, pas de blague).

    Il est en outre beaucoup plus facile d’apprécier la couleur d’un whisky lorsque l’on peut tenir le verre sans manipulation risquée.

    Donc, un verre tulipe, à pied. C’est noté. Est-ce aussi simple ?

    – Le bon verre ou les bons verres ?

    La taille peut varier et apporter par là différentes sensations et souligner différents arômes : Les éléments les plus lourds ne remonteront que peu et vous perdrez en complétude.
    Les flûtes et verres à champagne sont donc à éviter, tout autant que les verres aux contenances démesurées.

    La surface de contact de l’air avec le whisky, en outre (la largeur du verre dans ses différentes hauteurs, donc) influe aussi beaucoup sur l’oxydation et donc la dégustation.
    Comme lorsque l’on dit de servir un verre entier pour aérer préalablement une bouteille de vin, en fait – et pas seulement la déboucher en ne laissant que la surface du goulot à l’air libre.

    Est-ce tout ce qu’il faut savoir ? Presque. On y est presque.

    Pas de verre fantaisie.
    Enfin, pourquoi pas sur le fond, mais …

    Ce critère est moins essentiel que la forme et l’impératif d’un pied, qui influencent profondément le nez et la bouche, piliers de votre dégustation ; mais la couleur s’apprécie tout autant et proposera d’autres indications sur la construction de ce doux nectar.
    Et vous êtes ici pour découvrir le whisky, après tout. Autant jouer le jeu.

    Alors perdez un peu de temps à analyser la couleur … Que dit-elle du type de fût utilisé ? Quelles saveurs se dégageront d’un whisky visiblement chargé en sherry ou au contraire à la couleur très claire ? A quelle vitesse les gouttes (la collerette) descendent-elles le long du verre et à quelle viscosité peut-on s’attendre ?

    Encore une fois, tous les sens sont importants (Voir article sur l’analyse organoleptique, ici)

    Alors je vous encourage maintenant à vous servir un whisky dans un de ces fameux verres tulipes à pied – et à laisser votre nez vous étonner !
    Et avec un nez heureux, vous vous émerveillerez de ce que le palais s’ouvre à bien plus de saveurs. Maintenant, on en revient tout de même au principal, au seul « commandement » du whisky : Buvez-le comme vous l’aimez le mieux …

    Laissez aux puristes le soin de discourir des heures. Cet article est déjà bien assez long.
    Merci et félicitations si vous l’avez lu jusqu’au bout.

     

    Un dernier mot tout de même pour la route : Un accessoire peut s’avérer utile et je vais me risquer à le conseiller.
    Il est parfois proposé avec les verres tulipe, c’est un couvercle. Un simple petit couvercle en verre, qui finira d’asseoir votre réputation de connaisseur lorsque vous les sortirez.
    Il permet de capturer les extraits secs par exemple, pour finir la dégustation en revenant sur le(s) whisky(s) dégusté(s). Si vous ne l’avez jamais fait, foncez la prochaine fois. Les senteurs se transforment, la complexité (ou la simplicité) reprendra une dimension supplémentaire, c’est une promesse.