Conservation et vieillissement du Whisky
Il y a fort à parier que vous allez rapidement posséder plusieurs bouteilles – parce que vous aurez chiné, participé à un salon ou tout simplement eu un regard trop curieux (et la carte bleue trop généreuse) devant une vitrine ou en faisant vos courses et parce que l’on vous en offrira de temps à autre.
Et il est rare (et un peu dommage) de les vider très rapidement à vrai dire.
Que l’on souhaite faire goûter un whisky à un ami dans un avenir plus ou moins proche, ou chercher soi-même à le tester de nouveau plus tard ;
Ou que l’on veuille peut-être déguster ce whisky-ci au rythme d’occasions spéciales, probablement espacées dans le temps car il incarne quelque chose de particulier ;
Toujours est-il que si un whisky embouteillé ne vieillit plus, ça n’est vrai que jusqu’à ce que la bouteille soit ouverte : Il faut maintenant faire attention à le conserver correctement.
Mais pourquoi et qu’est-ce que ça signifie concrètement ?






Les risques d’une mauvaise conservation des bouteilles de whisky …
Que risque t-il d’arriver si l’on ne prend pas garde aux conditions de conservation ?
On peut résumer ça en deux mots : Oxydation et désespoir. On fera ainsi attention à la lumière et à l’air …
(ce qui suit s’applique par ailleurs à tous les spiritueux, à ma connaissance)
Comment faire pour bien conserver ses bouteilles de whisky ?
– Debout : qu’elle soit ouverte ou non, une bouteille de whisky se conserve debout ; On limite ainsi la quantité de liquide en contact avec l’air et l’oxydation est donc moins prononcée.
Et si le bois est un élément clé des arômes, le liège ne l’est certainement pas, aussi petit soit-il …
Il sera intéressant ici de noter qu’au Japon, les bouchons se vissent et que c’est bel et bien un choix volontaire et relevant d’un souci de qualité et de respect du produit.
– Dans un volume adapté :
Ce qui passe depuis toujours pour le point de non-retour et la perte inéluctable des saveurs : la règle « du tiers ».
S’il y a plus d’air que de whisky dans une bouteille, l’oxydation est en marche et vous aurez la désagréable surprise de boire un alcool « passé », au goût affadi.
Dès lors que plus des deux-tiers de la bouteille sont vides, donc (on ne peut qu’espérer qu’ils auront été bus, par ailleurs), il faut absolument transvaser ce qu’il reste dans une bouteille plus petite.
En réalité, il est souvent pratique quand on ouvre une bouteille de commencer de suite cette opération.
Conservation, collection et parfois l’agréable surprise de retomber sur un whisky qu’on croyait terminé, toutes ces optiques seront servies par la vertueuse habitude de diviser les volumes.
Il y aurait apparemment d’autres pratiques, glanées sur quelques forums francophones et à éviter formellement, telles :
– La mise sous vide… Ceci altère en effet voire, peut détruire les chaînes d’esther,
– Les billes en verre dans la bouteille pour diminuer la quantité d’air au fur et à mesure. A déconseiller là encore.
A moins de posséder un autoclave pour stériliser les billes et d’être sûr qu’aucune ne présentait de fissure dans laquelle des bactéries auraient pu trouver refuge. Et encore.
– Dans le noir : Le risque est celui de l’oxydation une nouvelle fois (ou plutôt de son accélération) ainsi que la détérioration des colorants éventuels.
(Car il y en a parfois … Et pour rappel, il n’y a pas d’obligation légale d’afficher la présence d’E150 – le seul colorant autorisé)
Si vous avez opté pour une vitrine, exhibant ainsi fièrement devant vos invités (ou pour votre propre plaisir, après tout) une collection que vous espérez impressionnante, les emballages peuvent
vous sortir de cette impasse.
– Avec un bouchon intact : Si le bouchon est en liège et se détériore, le changer immédiatement ! Tout en faisant attention à laisser la bouteille scellée au mieux (problématique des bouchons de taille légèrement inadaptée). Sinon, le transvasement est la meilleure solution.
Pour parler rapidement de la température, il n’y a pas de problème majeur sauf à vivre avec des alternances importantes et fréquentes ou dans des conditions extrêmes.
Mais un lieu d’habitation est tout à fait adapté pour maîtriser le risque.
Combien de temps se conserve le Whisky ?
Des années, sans aucun problème, si toutes les conditions ci-dessus sont respectées.
Certains arômes sont cependant plus susceptibles d’évoluer que d’autres, tout de même (la tourbe et la fumée principalement, qui peuvent s’adoucir un peu).
Quelques mois tout au plus, si la bouteille est majoritairement vide. Il est difficile de chiffrer ce délai, mais considérez qu’au bout de quatre à six mois – en exagérant à peine – vous aurez un alcool de cuisine.

En résumé, les solutions pratiques :
– Une armoire fermée, en stockant les bouteilles debout.
– Conserver les boites pour protéger au mieux les bouteilles de la lumière ; En plus de gros efforts sur le packaging et d’une recherche esthétique dans l’industrie du Whisky , les boites offrent l’avantage de se ranger d’elles-même.
– Les flacons en verre fumé, de contenance moindre ; On en trouve très facilement en ligne, ou très simplement dans les pharmacies.
On pourra ainsi se procurer des flacons de 10O à 30O ml selon vos habitudes et fréquences de dégustation.
De plus petits flacons (tels les 60 ml) peuvent aussi devenir des « samples » à offrir ou échanger …
En savoir plus sur l’univers du whisky ?